CP FNAB : Prospective Bio 2040 : le gouvernement doit suivre les recommandations qui lui sont faites

CP FNAB : Prospective Bio 2040 : le gouvernement doit suivre les recommandations qui lui sont faites
CP FNAB : Prospective Bio 2040 : le gouvernement doit suivre les recommandations qui lui sont faites

Paris, le 27 août 2025. En pleine trêve estivale, le ministère de l’agriculture a publié son analyse des travaux de prospective menés depuis 2023, et achevés mi 2025, par le Crédoc et le Ceresco sur les perspectives d’évolution de l’agriculture biologique à horizon 2040. Ces travaux s’inscrivent dans la même logique que l’ensemble des études produit depuis 2021 sur la crise de la Bio, à savoir comprendre pour mieux éclairer l’action publique. Et c’est là que le bât blesse puisque le gouvernement agit depuis un an à l’opposé des recommandations qui lui sont faites par les experts sur le sujet de l’agriculture biologique.

 

Dans trois des quatre scénarios étudiés, les pratiques relevant de l’agriculture biologique se déploient massivement

On ne peut que se féliciter d’observer que trois des quatre scénarios de prospective étudiés prévoient une généralisation des pratiques agronomiques des fermes biologiques. Le scénario 1 va de pair avec une disparition du label bio officiel mais voit néanmoins se généraliser les pratiques agricoles biologiques à égalité avec les pratiques conventionnelles. Les scénarios 3 et 4 eux prévoient un développement majoritaire de la Bio avec d’un côté une agriculture biologique qui se démocratise et dont le cahier des charges s’assouplit un peu et de l’autre des démarches biologiques privées qui continuent d’aller plus loin et de tirer l’ensemble de l’agriculture vers le haut.

Nous ne sommes pas étonnés de voir une généralisation de nos pratiques dans ces travaux puisqu’il s’agit juste d’un retour aux bases de l’agronomie en lieu et place de la chimie” explique Olivier Chaloche, co-président de la FNAB. “ Allonger sa rotation, réintégrer de la matière organique dans son sol, remplacer la chimie par le travail mécanique, ce sont déjà des pratiques qu’on partage régulièrement avec nos collègues conventionnels sur le terrain dans le cadre de groupes d’échanges techniques ”.

Des recommandations claires qui doivent être mises en oeuvre

En revanche, on ne peut que se désoler de voir l’écart qui se creuse entre les recommandations des experts qui entourent le ministère de l’agriculture et les choix de politique publique qui sont opérés. Comme la Cour des Comptes avant eux ou le CGAAER plus récemment, les auteurs du rapport pointent l’importance de politiques publiques de soutien à la Bio ambitieuses ET stables dans la durée, le besoin d’une communication offensive, la nécessité d’un accompagnement technique de qualité, le besoin de pousser l’engagement de la grande distribution. Par ailleurs, pour la première fois les auteurs mettent aussi en avant l’importance du dialogue entre bio et conventionnels, dialogue qu’on retrouve dans une structure comme l’Agence Bio qui réunit les spécialistes de la Bio et les généralistes de l’agriculture.

Dans quelques semaines les débats devraient s’ouvrir sur le budget de l’Etat, ils diront si le soutien aux fermes bio via le crédit d’impôt notamment va se poursuivre, si la communication sur les produits bio sera relancée et si l’Agence Bio sera renforcée dans ses missions et non pas supprimée. “ On suivra les débats budgétaires au Parlement avec attention et nous saurons rappeler à la Ministre de l’Agriculture et à celle du budget qu’une politique publique efficace se pense dans la continuité, pas dans les à-coups opportunistes ” conclut Olivier Chaloche.

 

Contact presse : Emilie Poinsot 07 69 82 62 36

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