CP FNAB : Cadmium : la bio injustement mise dans le même sac que le conventionnel

CP FNAB : Cadmium : la bio injustement mise dans le même sac que le conventionnel
CP FNAB : Cadmium : la bio injustement mise dans le même sac que le conventionnel

Paris le 31 mars 2026. En février l’ANSES publiait un travail d’ampleur sur la “priorisation des leviers d’action pour réduire l’imprégnation de la population française au cadmium”. Le cadmium, ce métal lourd jugé cancérigène, se retrouve en quantité dans les phosphates importés pour la fabrication des engrais utilisés en agriculture. La FNAB salue ce travail attendu et nécessaire pour alerter sur les liens entre agriculture et santé publique. Cependant, les agriculteurs biologiques ont eu la surprise d’y découvrir une comparaison factuellement erronée mettant bio et conventionnel sur un pied d’égalité. La FNAB demande un correctif.

L’agriculture biologique offre des garanties supérieures concernant le cadmium

Le rapport de l’ANSES laisse penser que les mêmes règles s’appliquent aux bios et aux conventionnels concernant le cadmium. Or, la réglementation bio impose des seuils limites 30% plus bas pour les phosphates miniers[i] et 75% plus bas pour les composts de biodéchets[ii] utilisables en agriculture biologique.

Par ailleurs, les agriculteurs bio n’utilisent peu, voire pas du tout de phosphates miniers, premiers responsables de la contamination des sols français au cadmium selon l’ANSES.

L’étude Phosphobio menée par Arvalis observe que les phosphates miniers représentent moins de 1% des usages en bio. Les agriculteurs et agricultrices biologiques privilégient en effet les engrais organiques et effluents d’élevage.

« Le cadmium est un problème majeur de santé publique que l’agriculture ne peut plus ignorer, mais l’ANSES commet une erreur grave en laissant penser à la population qu’il n’y a pas de solution et que bio et conventionnel seraient identiques » explique Olivier Chaloche, co-président de la FNAB.

Des études favorables à la bio écartées sans explication

Plusieurs études concluent à une moins forte teneur en cadmium des aliments bio mais sont écartées par l’ANSES sans explication précise. Une étude de 2014 concluant à un écart de 48% de teneur en cadmium entre aliments bio et non bio n’est même pas évoquée dans les travaux de l’agence.

Quand on lit ce travail de l’ANSES, on voit non seulement des erreurs, mais aussi des incohérences comme par exemple cette recommandation de favoriser le développement d’une agriculture durable. Mais de quelle agriculture “durable” parlons-nous si ce n’est pas la Bio ? ” s’interroge Loïc Madeline, co-président de la FNAB.

La FNAB demande à l’ANSES de publier un addendum de son expertise afin de garantir une juste information des pouvoirs publics et des consommateurs, et attend les études complémentaires annoncées par l’ANSES pour comparer bio et non bio.

[i] 60 mg/kg contre 90 mg/kg en conventionnel.

[ii] 0,7 mg/kg contre 3 mg/kg en conventionnel.