CP FNAB : Loi d’urgence agricole : après 10 jours de canicule, le Sénat ne peut ignorer les enjeux d’une bonne gestion de l’eau

CP FNAB : Loi d’urgence agricole : après 10 jours de canicule, le Sénat ne peut ignorer les enjeux d’une bonne gestion de l’eau
CP FNAB : Loi d’urgence agricole : après 10 jours de canicule, le Sénat ne peut ignorer les enjeux d’une bonne gestion de l’eau

Paris, le 29/06/2026. Alors que la France a déjà subi deux canicules en un mois, le Sénat démarre aujourd’hui l’examen en plénière du projet de loi d’urgence agricole (PJLUA) qui contient de nombreux articles sur la gestion de l’eau. La commission des affaires économiques a considérablement dégradé le texte proposé par l’Assemblée nationale, en déconnexion totale avec les tensions qui vont s’accumuler sur l’eau avec l’accroissement des épisodes climatiques extrêmes. La FNAB appelle les sénateurs à la sagesse afin de trouver le juste équilibre entre intérêts agricoles et intérêt général.

La gestion de l’eau ne peut raisonnablement pas se penser qu’entre agriculteurs

Aujourd’hui le partage de l’eau se décide à l’échelle territoriale avec l’ensemble des acteurs concernés autour de la table. D’une part les usagers de l’eau qui ont un intérêt économique, les agriculteurs ou les industries fortement consommatrices d’eau comme les énergéticiens, d’autre part les consommateurs lambda, et les collectivités qui sont les premières responsables de livrer une eau de qualité aux citoyens. Les amendements adoptés en commission des affaires économiques déséquilibrent cette gouvernance de l’eau en renforçant le pouvoir du monde agricole au détriment notamment des collectivités locales, et suppriment toute obligation de publication des stratégies et bilans de partage des volumes d’eau.

“ Que le Sénat, qui est la chambre des territoires, puisse envisager, à quelques mois des élections, de réduire le pouvoir des collectivités locales et des consommateurs sur la gestion de l’eau serait une nouvelle erreur politique après la première loi Duplomb ”, commente Olivier Chaloche co-président de la FNAB.

Les sénateurs ne peuvent ignorer que la reconquête de la qualité de l’eau est l’un des défis majeurs de notre siècle

Ces dernières années les scandales sur la qualité de l’eau sont légion : pesticides interdits depuis près de 50 ans, PFAS (…), au fur et à mesure que nous découvrons la réalité des pollutions, il devient de plus en plus cher d’assainir l’eau coûte pour les collectivités locales qui doivent en porter le poids.

On connaît aussi les solutions, et le développement de l’agriculture biologique, qui n’utilise pas de pesticides de synthèse, en fait partie. Pourtant, la commission des affaires économiques revient en arrière sur ce point, d’abord en supprimant la mention de l’agriculture biologique comme solution sur les sites les plus pollués, ensuite en déclassant du caractère prioritaire les captages pollués avec des pesticides interdits.

Les sénateurs sont aussi des élus locaux, ils savent que la situation sur l’eau devient intenable. On doit aller vers plus de transparence sur les contaminations et vers plus de prévention pour ne pas continuer à polluer les points d’eau. C’est là que la Bio s’impose comme une solution pour continuer à produire sans détruire ” conclut Olivier Chaloche.

La FNAB demande aux sénateurs : 

  • Sur la gouvernance de l’eau :
    • de rétablir une gouvernance équilibrée des instances territoriales de l’eau
    • de rendre obligatoire la publication des stratégies et bilans des OUGC (organisme unique de gestion collective)
  • Sur la qualité de l’eau : 
    • de prendre en compte, dans la définition des captages prioritaires, les molécules chimiques interdites qu’on retrouve dans l’eau 
    • d’inscrire la bio comme une solution claire pour lutter contre la pollution agricole de l’eau potable