Paris, le 07/10/2026. Le 3 octobre, des milliers de personnes ont manifesté contre les pesticides devant l’usine Syngenta de Saint-Pierre-La-Garenne. Au lieu de reconnaître sa responsabilité quant à l’impact de son activité sur la santé humaine et environnementale, l’entreprise se dédouane en mettant en avant sa production de produits utilisables en agriculture biologique. Cette réaction s’inscrit dans un contexte politique tendu pour les pesticides. Après deux lois Duplomb délétères, le Parlement européen examinera fin octobre le texte « Omnibus 10 » qui prévoit d’affaiblir les procédures de réévaluation et d’autorisation des produits phytosanitaires. Alors même que début 2026 l’INRAE démontrait qu’on pouvait produire sans aucun pesticide.
Produire sans pesticides dangereux doit être notre horizon commun
Les agriculteurs et agricultrices biologiques en font l’expérience chaque jour : produire sans intrants chimiques de synthèses, toxiques pour l’homme et l’environnement, c’est possible ! Le projet Rés0Pest(1) de l’INRAE, mené sur 10 ans et achevé début 2026, vient d’ailleurs de démontrer qu’il était possible sur des systèmes grandes cultures et polyculture élevage de produire sans aucun pesticide, tout en gardant un modèle économique rentable.
« Alors que la colère des citoyens monte, les producteurs de pesticides font du lobbying à Paris et à Bruxelles pour pouvoir continuer à vendre le plus longtemps possible des produits dangereux pour l’homme et son environnement » explique Loïc Madeline, président de la FNAB. Le paquet réglementaire Omnibus 10 permet notamment l’autorisation des pesticides de synthèse sans date limite.
La Bio ne sera pas le paratonnerre de l’agrochimie
Ce n’est pas la première fois que l’agrochimie se cache derrière la bio, mettant en avant des produits comme le soufre utilisable en bio.
“ C’est malhonnête d’utiliser la Bio comme paratonnerre au lieu de répondre aux inquiétudes des français pour leur santé. Syngenta fait sa marge en vendant des pesticides toxiques qui ne sont pas utilisables en bio, pas en vendant du soufre” continue Loïc Madeline.(2)
La FNAB dénonce le parallèle entre la communication de façade de Syngenta et les manœuvres de l’agrochimie à Bruxelles.
Le réseau FNAB se mobilise aux côtés de la société civile courant octobre pour demander aux députés européens de ne pas voter le paquet omnibus 10.
(2) Le site de Saint-Pierre-la-Garenne fabrique les produits phrase de Syngenta à base de sédaxane, de fludioxonil, de métalaxyl, de difénoconazole, qui sont toutes des substances de synthèse interdites en agriculture biologique.


