Paris, le 11 février 2026 : Dans l’attente de prochains arbitrages sur la gestion agricole de l’eau et la protection de l’eau potable, la FNAB rappelle l’importance de mettre en place des politiques publiques ambitieuses et cohérentes en matière de protection des captages. L’agriculture biologique s’impose comme une réponse concrète et immédiatement mobilisable pour préserver cette ressource vitale.
Un constat accablant, des solutions ignorées
En France, près de 15 000 captages d’eau potable ont été fermés depuis les années 1980, dont un tiers pour des problèmes de qualité liés aux pesticides ou aux nitrates. Les coûts de la dépollution de l’eau potable explosent et mettent en danger la capacité financière des communes et des intercommunalités à exercer leurs missions.
Les solutions sont pourtant clairement identifiées.
La feuille de route captage[1] de l’État cite explicitement comme solutions : l’agriculture biologique, la réduction des intrants (engrais et pesticides de synthèse) et le développement d’infrastructures agroécologiques.
Les rapports IGAS-IGEDD-CGAAER[2] (2024) et du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan (2025) confirment que l’agriculture biologique constitue un mode de production agricole efficace pour préserver la ressource en eau et réduire l’exposition aux pesticides de synthèse.
« L’agriculture biologique prouve depuis plus de 40 ans qu’il est possible de produire tout en préservant l’eau et la santé publique” souligne Stéphane Rozé, référent national eau à la FNAB. “Elle régénère les cycles de l’eau, réduit les pollutions diffuses et offre une alternative crédible aux modèles agricoles dépendants des intrants chimiques. »
Les Paiements pour Services Environnementaux bio (PSE) : un outil financier clé pour protéger l’eau sur les territoires
Seulement 7 % des surfaces situées dans les aires d’alimentation de captage sont conduites en agriculture biologique. Il y a donc moins d’agriculture biologique autour des aires de captages d’eau potable que dans le reste des zones agricoles.
Les outils réglementaires permettant d’interdire l’usage de pesticides et d’engrais azotés de synthèse dans ces zones sont très rarement activés. Dans le même temps, aucun dispositif financier structurant ne soutient spécifiquement les fermes biologiques. L’État dispose pourtant d’un levier immédiat : publier sans délai le régime cadre national de Paiements pour Services Environnementaux (PSE) dédié aux fermes bio. En tardant à le faire, le Gouvernement prive les territoires d’un outil concret pour réduire les pollutions à la source et sécuriser durablement l’eau potable.
« Le Gouvernement doit publier sans délai, le régime cadre national de PSE pour les fermes bio. Sans ce soutien financier, la pollution de l’eau continuera de s’aggraver, et ce sont les collectivités, donc les citoyen·nes et les générations futures, qui devront assumer les coûts croissants de la dépollution « , souligne Philippe Camburet, mandaté FNAB à l’Agence de l’eau Seine-Normandie.
Les demandes de la FNAB
La FNAB appelle à :
- La mise en place d’un régime cadre national de Paiements pour Services Environnementaux dédié aux fermes bio, avec des enveloppes fléchées par les Agences de l’eau ;
- L’inscription dans une loi et dans la feuille de route captage d’objectifs chiffrés de surfaces en agriculture biologique sur les captages prioritaires et sensibles : 25 % en 2032, 50 % en 2038 ;
- La représentation systématique de l’agriculture biologique dans les instances locales de gouvernance de l’eau (commissions locales de l’eau, comités ressource en eau) ;
- Le conditionnement de l’accès à l’irrigation, notamment dans le cadre de nouvelles retenues, à des pratiques respectueuses de la ressource et orientées vers l’alimentation humaine.
[1] Dossier de presse. Feuille de route captage. Mars 2025
[2] Rapport IGAS-IGEDD- CGAAER de 2024 sur les politiques de protection d’eau potable


