CP FNAB : Flambée attendue des prix des engrais de synthèse : l’agriculture biologique trace la voie vers la souveraineté agricole

CP FNAB : Flambée attendue des prix des engrais de synthèse : l’agriculture biologique trace la voie vers la souveraineté agricole
CP FNAB : Flambée attendue des prix des engrais de synthèse : l’agriculture biologique trace la voie vers la souveraineté agricole

CP FNAB – Paris, le 11 mars 2026 : Alors que la guerre au Moyen-Orient fait craindre une nouvelle flambée des prix du gaz, les agriculteurs européens s’inquiètent d’une hausse concomitante du coût des engrais de synthèse, dont la fabrication dépend essentiellement de cette ressource fossile. Cette situation rappelle celle de 2022 : au début de la guerre en Ukraine, le prix des engrais avait bondi de 74 %, mettant en difficulté de nombreuses exploitations agricoles conventionnelles.

Cette dépendance structurelle expose particulièrement l’agriculture française : une part importante des engrais utilisés en agriculture conventionnelle est en effet importée, rendant les agriculteurs vulnérables à la hausse des prix et aux tensions géopolitiques.

La bio propose une alternative

À l’inverse, l’agriculture biologique repose essentiellement sur des sources de fertilité locales ou nationales. Encadrée par un cahier des charges strict qui interdit l’utilisation d’engrais de synthèse, elle s’appuie sur des pratiques agronomiques éprouvées : rotations des cultures, intégration de légumineuses, recyclage des effluents d’élevage… Ces pratiques favorisent l’autonomie des fermes et limitent fortement la dépendance de l’agriculture bio aux intrants importés issus d’énergies fossiles.

L’agriculture biologique n’est donc pas directement exposée aux tensions sur le prix du gaz et des engrais de synthèse. Elle peut toutefois être touchée indirectement : en 2022, la flambée des engrais chimiques avait entraîné un report vers les engrais organiques, dont les prix avaient alors augmenté de 18,4 %, selon une note du Ministère de l’agriculture.

La nécessité d’un soutien public ambitieux

La FNAB appelle donc les pouvoirs publics à soutenir massivement et durablement les systèmes les plus autonomes, au premier rang desquels l’agriculture biologique. Plus que jamais, le rétablissement de dispositifs de soutien apparaît comme une nécessité, notamment dans la prochaine PAC, en cours de discussion.

« Il est incohérent de vouloir renforcer la souveraineté alimentaire tout en ne soutenant pas davantage l’agriculture biologique, l’un des systèmes agricoles les plus autonomes. Si nous voulons une agriculture réellement souveraine, la bio doit devenir un pilier des politiques agricoles françaises et européennes », souligne Olivier Chaloche, co-président de la FNAB.

Enfin cette transition ne pourra s’opérer sans un engagement politique clair, à toutes les échelles. À l’approche des élections municipales, les communes disposent d’un levier concret et puissant : orienter leurs cantines vers une alimentation plus bio.

En choisissant d’introduire davantage de produits bio locaux dans les cantines, les élus locaux soutiennent directement les agriculteurs du territoire, contribuent à sécuriser des débouchés stables et encouragent des systèmes agricoles plus résilients face aux crises énergétiques et géopolitiques. Cet investissement dans la qualité de l’alimentation publique est aussi un investissement dans l’avenir : il favorise la santé des enfants, réduit l’impact environnemental des repas et renforce l’économie rurale.

La bio est un atout pour les territoires. Les communes ont le pouvoir de s’en saisir.

Dans un contexte d’incertitudes mondiales, faire le choix du bio dans les cantines, c’est faire le choix de la souveraineté alimentaire, de la résilience locale et d’une agriculture durable.

Contact presse en Grand Est :

Jérémy DITNER : 06 74 75 88 64