Paris, 16 janvier 2026 – La FNAB, Fédération Nationale d’Agriculture Biologique exprime sa vive inquiétude face aux informations récentes évoquant, à nouveau, une possible suppression de l’Agence Bio. Une telle décision fragiliserait le développement et la promotion de l’agriculture biologique qui sort à peine de deux années de crise.
« La bio montre des signes de reprise. Pour la soutenir et la consolider, nous avons absolument besoin de l’agence bio, la seule agence dédiée et spécialisée en agriculture biologique, capable d’apporter expertise, données et visibilité à l’ensemble des filières bio. Ce n’est pas le moment de fragiliser cet outil, mais au contraire de s’appuyer sur lui pour confirmer la dynamique de reprise en cours » explique Loïc Madeline, co-président de la FNAB
Créée en 2001, l’Agence bio joue depuis plus de vingt ans un rôle structurant dans l’essor des filières biologiques françaises. Son statut de Groupement d’Intérêt Public permet de rassembler, au sein d’une gouvernance partenariale, les pouvoirs publics et les acteurs économiques du secteur afin d’assurer des missions essentielles d’observation, de pilotage, de financement et de promotion.
Un signal politique contradictoire
La volonté du gouvernement de supprimer l’Agence Bio surprend d’autant plus qu’elle contredit les analyses et décisions publiques antérieures. En 2024, l’État a en effet renouvelé pour cinq ans le contrat d’objectifs et de performance de l’Agence Bio, reconnaissant la pertinence de ses missions. La Cour des Comptes appelait par ailleurs dès 2022 non pas à supprimer l’Agence, mais à la renforcer.
Aucune évaluation sérieuse ne vient aujourd’hui justifier un démantèlement qui relèverait d’économies de court terme, aux conséquences durables et coûteuses pour la collectivité.
De plus, la remise en cause de l’Agence Bio envoie un signal de désengagement de l’État, en contradiction avec les ambitions affichées pour le développement de l’agriculture biologique. Cela fragiliserait l’atteinte des objectifs nationaux (dans la LOA, objectif de 21% de la SAU en bio en 2030) et ceux fixés par le Plan Ambition Bio.
Enfin, cela affaiblirait fortement et durablement un secteur stratégique pour la transition agricole et alimentaire
Consolider la reprise : un besoin accru d’expertise publique spécialisée
Après plusieurs années de crise, des signaux de reprise de la consommation de produits biologiques se confirment progressivement. Cette dynamique reste toutefois fragile et nécessite un accompagnement public structuré. Les filières biologiques ont plus que jamais besoin d’outils fiables de suivi des marchés, d’analyse économique et de promotion pour sécuriser cette reprise, orienter les investissements et répondre à la demande.
À cet égard, l’Agence Bio joue un rôle irremplaçable. Ses campagnes de communication ont contribué à restaurer la confiance des consommatrices et consommateurs, tandis que ses données économiques et de production constituent un socle indispensable pour le pilotage des filières. Le Fonds Avenir Bio illustre également l’efficacité de cet outil : 1 euro d’aide publique permet en moyenne de générer 4 euros d’investissements privés au bénéfice des entreprises et coopératives biologiques.
La FNAB appelle le gouvernement et les parlementaires à renoncer au démantèlement de l’Agence Bio, pour maintenir l’AB dans une dynamique positive.


