Comment les fermes Bio traversent la crise en Moselle ?

Comment les fermes Bio traversent la crise en Moselle ?
Comment les fermes Bio traversent la crise en Moselle ?

Après l’essor de l’agriculture biologique, on observe ces dernières années une stagnation de la consommation, des « prix conventionnels » payés aux producteurs qui avoisinent les « prix bio », le déclassement de lait bio, et pour la première fois en Moselle, davantage d’arrêts d’activité bio que de nouvelles fermes bio en 2024 et 2025.

Mais quelle est la réalité économique des fermes bio et non bio en Moselle, quelles perspectives s’offrent à elles ?

Le réseau Bio de Moselle et Cerfrance Moselle se sont associés pour réaliser une étude à partir des données issues des comptabilités afin d’être objectif sur la « réalité du terrain ». L’étude compare des systèmes Bio et Conventionnel en typologie Lait et Viande pour les récoltes de 2020 à 2024.

Conclusion pour les systèmes allaitants

Les indicateurs économiques démontrent une certaine robustesse des élevages allaitants bio. Ils sont plus économes et autonomes, moins soumis à la volatilité des prix des céréales et caractérisés par une meilleure stabilité de leurs résultats.

Ils sont davantage tributaires des aides que leurs homologues conventionnels bien que les aides soient équivalentes une fois ramenées à la main d’œuvre. Les fermes bio doivent en outre gérer la fluctuation et les retards de versements des aides qu’on ne retrouve pas pour les conventionnelles.

Les systèmes bio, plus extensifs, ont nécessairement une productivité moindre qui affecte leur efficience économique. Ils engendrent pourtant des bénéfices pour la société et les milieux naturels, qui ne sont pas suffisamment valorisés pour garantir la bonne santé économique des fermes et la sérénité de ceux qui y travaillent.

Conclusion pour les systèmes laitiers

Les fermes laitières bio sont productives et économes. Les indicateurs économiques traduisent une efficience équivalente, voire meilleure, à l’exception de 2022 année particulièrement favorable sur les prix du lait et des céréales conventionnels. La chute des résultats conventionnels n’en est que plus marquée en 2023 et 2024, quand le prix des céréales baisse alors que le coût des intrants augmente. Sur cette même période 2022-2024 les indicateurs bio de productivité, d’EBE et de revenus restent beaucoup plus constants malgré le déclassement de 30% du lait bio.

Le rôle des aides est difficile à évaluer. Si elles sont en moyenne supérieures de 14% en bio, elles montrent une grande instabilité sur la période que ne connaissent pas les fermes laitières conventionnelles.

Face à l’augmentation du prix du lait conventionnel, certaines fermes bio pourraient être tentées de se désengager. Pourtant, les résultats montrent que le prix de vente du lait n’est qu’une des composantes de la réussite économique, d’autant plus que la demande en lait bio amorce une hausse et que le prix du conventionnel peut redescendre aussi vite qu’il est monté.

📄 Télécharger l’étude comparative des systèmes Bio et Conventionnel en typologie Lait et Viande pour les récoltes de 2020 à 2024 👉 ICI