D’un côté des agriculteurs qui subissent les conséquences des manques ou des excès d’eau, de l’autre un syndicat de rivière à la recherche de nouvelles approches pour la gestion de son territoire. Le réseau Bio et le syndicat de rivière des Eaux Vives des Trois Nied en Moselle se sont ainsi associés dans l’objectif de déployer les principes de l’hydrologie régénérative dans un bassin versant.
En 2024 des fermes Bio se sont tourné vers leur réseau – GAB de Moselle et Bio en Grand Est – avec la volonté de construire un projet innovant de déploiement des principes de l‘hydrologie régénérative sur leur ferme et leur territoire. Tout naturellement nous nous sommes tournés vers le syndicat de rivière pour initier une dynamique territoriale et nous avons reçu un accueil favorable. Nous avons ensemble et avec un soutien de l’agence de l’eau Rhin-Meuse recruté des fermes, formés des agriculteurs et techniciens, organisé une conférence pour les élus et acteurs de l’eau du territoire, fait venir des experts, accompagné les fermes dans leur projet. Aujourd’hui notre partenariat se concrétise par des aménagements et/ou changements de pratiques dans 3 fermes Bio pilotes et nous poursuivons le projet de déploiement à plus grande échelle.
Question à Jean Marini, président de l’EPAGE des Eaux Vives des Trois Nied : pourquoi ce partenariat avec le réseau Bio ?
« Après l’exercice réalisé de la restauration des cours d’eau et de ces fonctionnalités, et devant l’aveu d’impuissance suite à la récurrence des évènements traumatiques (inondations, sécheresses récurrentes et chute des débits d’étiages) le constat est posé d’un dysfonctionnement plus large de notre réseau hydrographique, à savoir un dérèglement du cycle de l’eau.
Depuis sa création en 20218 l’EPAGE œuvre pour rallonger le parcours du réseau hydrographique et apporter plus de rugosité au sein du lit mineur et du lit majeur, restaurer les fonctionnalités des zones humides, créer des annexes hydrauliques. Mais cet exercice mené depuis plusieurs années sur les milieux aquatiques touche à ses limites. Il nous faut maintenant investir l’ensemble de notre bassin versant et tenter l’exercice des techniques fondées sur la nature, seul à même de ralentir le parcours de la goutte d’eau en limitant les dommages collatéraux, les couts et en valorisant le responsabilité et l’équité entre tous.
L’hydrologie régénérative est un concept apportant le ralentissement du parcours de la goutte d’eau au sein des versants et des milieux urbains, nous permettant de légitimer une compétence GEMAPI trop souvent corsetée au réseau hydrographique. Elle porte en elle les valeurs de l’intérêt général, de la coopération et d’équité des acteurs du territoire, et de la solidarité aux enjeux commun, en permettant la régénération du cycle de l’eau et en réhydratant nos territoires.
C’est pourquoi nous avons considéré la sollicitation de Bio en Grand Est – visant l’expérimentation et l’accompagnement des techniques de l’hydrologie régénérative au sein des fermes du bassin versant des Nied – comme une opportunité à saisir pour faire évoluer nos points de vue et ceux de nos partenaires sur une nouvelle coopération de territoire entre tous les acteurs. »
Contacts :
contact@eaux-vives-3nied.fr ou Gael BEHR gael.behr@eaux-vives-3nied.fr
contact@biograndest.org ou Patricia HEUZE patricia.heuze@biograndest.org
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L’Hydrologie Régénérative vise à restaurer le cycle naturel de l’eau par la mise en œuvre de pratiques agricoles et d’aménagements du paysage selon 4 principes : ralentir l’eau, infiltrer, stocker, favoriser l’évapotranspiration. Ces principes s‘articulent autour d’un triptyque eau-sol-arbre qui vise à réactiver les processus naturels impliqués dans le cycle de l’eau et assurer leur maintien dans le temps.
Pour en savoir plus : https://hydrologie-regenerative.fr/ – https://biograndest.org/lhydrologie-regenerative/


